POUR MANGER LOCAL, SEMEZ LOCAL !

 

De la pétrochimie à la délocalisation de l’agriculture

Un verre de pétrole pour fabriquer l’engrais azoté so

luble qui remplace les microorganismes du sol, un verre de pétrole pour fabriquer les biocides chimiques qui perm

ettront aux plantes de se débarrasser des pathogènes, insectes ou champignons, venus les aider à éliminer les

excédents d’azote, un verre de pétrole pour alimenter les énormes machines agricoles qui transforment les sols vivants en paillasse des laboratoires chimiques, un verre de pétrole pour pomper l’eau d’irrigation ou construire des barrages, un verre de pétrole pour transporter depuis le Brésil les aliments OGM qui nourrissent nos animaux hors sol… et nous avons la salade ou le morceau de cuisse de poulet sorti de la ferme de notre voisin, mais qui aura encore besoin d’un verre de pétrole pour traverser la planète dans tous les sens avant de rejoindre nos assiettes. En achetant cette nourriture parfois estampillée d’origine locale, nous facturons à nos enfants notre surconsommation d’énergies fossiles et nous supprimons l’emploi paysan.

Les semences améliorées tuent les paysans

Les semences « améliorées » de l’industrie, OGM, mutées ou hybrides F1 que les paysans doivent racheter chaque année parce qu’on ne peut pas les ressemer, ne poussent qu’avec beaucoup d’engrais chimiques et de pesticides. Les semences locales ont au contraire été patiemment sélectionnées par des générations de paysans pour s’adapter par elles mêmes au terroir et au climat local, elles n’aiment la pétrochimie. Avec la semence « améliorée », l’engrais et les tracteurs subventionnés, les paysans ont produit plus de volumes. Mais dès qu’il ont abandonné leurs semences locales, la semence améliorée et l’engrais n’ont plus été subventionnés. Ceux qui n’ont pas pu les acheter sont parti à l’usine puis au chômage, laissant leurs terres aux grosses « exploitations » agricoles, au tourisme, à l’urbanisation ou à la friche.

Le retour des semences paysannes locales annonce le retour des paysans

Quelques milliers de paysans ont cependant décidé de sortir de ce productivisme infernal : première étape, refaire sa semence, retrouver les variétés des anciens et les sélectionner pour qu’elles trouvent localement tout ce dont elles ont besoin pour pousser sainement. Fini l’engrais chimique et les pesticides, ces semences là ne sont pas délocalisables, ni l’agriculture qu’elles font vivre. Si elles voyagent vers d’autres contrées, il faut à nouveau les sélectionner et les multiplier localement pour les adapter à leur nouvel environnement. Les lois réservent le monopole du commerce aux seules semences « améliorées », les semences paysannes n’ont pas accès au marché. Ca tombe bien, le vent non plus n’a pas accès au marché, pourtant il voyage. Les semences paysannes sont comme le vent : elles voyagent d’un paysan à l’autre sans demander la permission.

Consommer local est bon pour la santé

Rien de meilleur pour la santé que de manger local, avec ce qui pousse localement à partir des ressources locales, et non à partir de pétrole transformé en engrais chimique et en pesticides. Seules les semences paysannes et les races animales locales vivent des ressources locales et sont à même de donner l’alimentation saine dont nous avons besoin.

Les maisons de la semence, paysannes et locales

Les « maisons de la semence » réunissent paysans, jardiniers, consommateurs et citoyens pour conserver, échanger et renouveler la biodiversité cultivée locale. Elles sauvegardent le patrimoine local. Les élus territoriaux y ont toute leur place pour les aider à se développer.

Réseau Semences Paysannes, signataire de l’appel « Alimentons nos régions »

Cazalens – 81 600 Brens

Tel / fax : 05 63 41 72 86

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Mis à jour (Jeudi, 18 Février 2010 14:49)