Alimentons le Châtelleraudais

Lettre ouverte aux candidats aux élections cantonales de mars 2011

Objectifs a minima : 200 paysans de plus (600 emplois induits)
500 hectares de terre sur 5 ans pour alimenter Châtellerault et les cantons de proximité.


dans le cadre des élections cantonales des 20 et 27 mars prochain, dans le prolongement de l'action "alimentons les régions", les jardins de la paix et Minga ont décidé de lancer une initiative d'interpellation des candidats  aux élections cantonales de mars 2011.

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les jardins de la paix

Madame, Monsieur le candidat,

La lettre ouverte « Alimentons le Châtelleraudais » est la poursuite au niveau local de l’appel « Alimentons les région » lancé à l'initiative de Minga, Nature & Progrès, et Frères des Hommes (www.alimentons-les-regions.fr), soutenu par un large réseau d'organisations et de personnalités.
Cet appel fait écho à une demande sociale : des jeunes, qui veulent s’installer dans l’agriculture ; des foyers qui veulent avoir accès à une parcelle de terre pour cultiver leurs légumes et se nourrir ou s'approvisionner en fruits et légumes de qualité. Ces aspirations professionnelles et sociales se heurtent à une logique d'étalement urbain et de mitage des zones rurales.

1) La diminution progressive, mais rapide, des terres arables et du nombre d’Exploitants Agricoles

Entre 2000 et 2007, c'est plus de 25 000 hectares de terre qui ont été artificialisés en Poitou-Charentes soit une progression de 26 km2 par an en moyenne. Cette artificialisation se fait majoritairement autour des agglomérations et le pays châtelleraudais n’est pas en reste. Les surfaces artificielles représentent une partie croissante du territoire de l’agglomération.
Entre 1990 et 1999, la population de Poitou-Charentes vivant en aire urbaine a augmenté de 13,7 %. La superficie de l’aire urbaine de Châtellerault s’est accrue de plus de 300 km2 entre 1990 et 1999.
Des élus font le pari qu’avec la construction de résidences, ils vont concourir au dynamisme économique. Une société qui ne produit pas de richesses a peu d’avenir économique. Cependant l’économie résidentielle crée également des problèmes dans le temps (vieillissement de la population, transfert de charges aux collectivités) et dans l’espace (surcoûts des équipements, exclusion des jeunes, bétonisation à outrance).
Le choix de la maison individuelle couplée à des grandes surfaces commerciales, induit le tout voiture. Un projet du mieux vivre ensemble peut exister autour d'habitats collectifs ou semi-collectifs où le droit au logement est lié au droit à une parcelle de terre.

2) La dégradation de la qualité de L’alimentation et de L’environnement.
Le modèle agricole intensif mis en œuvre dans la deuxième moitié du XX° siècle montre ses limites sur plusieurs plans :

Pollution de l'eau, de l’air et des sols par les pesticides et l’utilisation massive d'intrants chimiques nuisibles à la santé.
La dépendance accrue vis-à-vis de l’extérieur pour les cultures vivrières directes, fruitières et potagères. Dépendance due en bonne partie à la logique productiviste de spécialisation de l’agro-industrie.La dépendance vis-à-vis du pétrole due à la production de pesticides, à la mécanisation à outrance et aux transports générés par la spécialisation et la concentration de l’économie agricole impacte le prix de vente.
Destruction des sols et des semences locales et dégradation des eaux littorales et des ressources halieutiques

3) L’augmentation du chômage chez les jeunes

En France, le taux de chômage des moins de 25 ans au deuxième trimestre est de 23,9%, soit le taux le plus élevé depuis plus de trente ans. Sur Châtellerault le chômage des jeunes et des diplômés atteint des pourcentages inégalés. Cette situation montre une société bloquée qui freine l'accès au monde du travail d’une génération.
Quand ni l'industrie, ni les services ne sont en mesure de créer une perspective d'emploi et généralisent la précarité, réinvestir l'activité agricole sous l'angle de la qualité alimentaire et de la relocalisation de l'économie ouvre des possibilités d’emploi.
Quand des projets d'installation agricole échouent faute d'accès à la terre, quand les outils sensés favoriser l'installation des jeunes servent à étendre les exploitations existantes, il est urgent que le Châtelleraudais ait une vraie politique foncière et alimentaire à la hauteur des enjeux.

Faire de la question alimentaire une priorité, c’est d’abord une question de volonté politique fondée sur des objectifs précis.
Les compétences du département pourront elles être mobilisées pour :

Mettre en œuvre une politique de reconquête foncière agraire à la périphérie de Châtellerault en se fixant pour objectif 5 00 hectares au minimum sur 5 ans.

Permettre l'installation de 200 paysans (soit 600 emplois induits), utilisant des techniques agro-écologiques ne polluant pas les sols et préservant l'humus et la qualité de l'eau.

Appuyer les projets éducatifs de réappropriation de l’alimentation pour les écoles, les centres sociaux, les collèges, les personnels administratifs.

Faciliter les circuits courts de distribution de restauration collective, de commerce de proximité, les systèmes coopératifs de production de vente et de consommation.

Encourager la pratique du jardinage, au travers de jardins familiaux et solidaires sur une partie des terres sauvegardées à proximité des villes, afin que des familles puissent retrouver une autonomie alimentaire.


Nous aimerions connaître votre point de vue de candidat aux élections cantonales de mars prochain sur ces propositions ainsi que vos engagements précis et quantifiés, notamment en matière de politique foncière et de création d'emploi.

Vos réponses seront rendues publiques avant les élections et diffusées à la presse et sur le site internet des jardins de la Paix.

Veuillez recevoir nos cordiales et citoyennes salutations.

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Mis à jour (Mardi, 08 Mars 2011 15:03)